Le fleuve nourricier
Authentique "Eden agricole", dès l'arrivée des premiers colons néolithiques et jusqu'à la fin du XIXe siècle, Petit-Couronne profite d'un profil de paysages et d'une situation géographique très favorables. Longtemps, les prairies de la commune ont fait partie des rares à être fauchées. La Seine, fleuve sauvage, fertilisait les terres par ses débordements réguliers, plus ou moins faciles à maîtriser avant la construction des premières digues protectrices et une pratique raisonnée de l'irrigation. Le foin récolté bénéficie alors à Rouen, toute proche, mais aussi à Paris, vers 1650, via la Seine.
Loin de s'éteindre avec la révolution industrielle, labourage et pâturage survivent jusqu'au milieu du XXe siècle où la commune de 2800 âmes compte encore 12 fermes de 30 à 40 hectares. En 1965, André Grouvel, ancien conseiller municipal, restait le seul exploitant agricole encore en activité.
Les Mâqueux d'peisson
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Fille de Bacchus et nymphe de Cérès, la Seine est porteuse de vie et ne manque pas de générosité pour ceux qui savent l'exploiter. Qui s'en douterait ? Jusqu'en 1891, la seule industrie mentionnée pour Petit-Couronne dans les livres de géographie est la pêche. A cette époque, ce sont des wagons entiers de poissons qui partaient de la boucle de la Seine à destination de la capitale. En amont de cette chaîne de production, des dizaines d'hommes d'équipage couronnais embarquent chaque matin sur leurs grandes sennes (quatre ou cinq par barque, suffisamment pour manoeuvrer des filets de 200m de long et de 8m de hauteur). On vivait alors au rythme des crues et des marées. Ainsi de février à juillet 1882, année exceptionnelle, trente saumons étaient pris chaque jour à Petit-Couronne. La richesse de la faune piscicole ne devait du reste rien au hasard mais plutôt aux naturalistes du XIXe siècle, qui avaient introduit en Seine de nombreuses espèces telles que la truite arc-en-ciel, la carpe argentée ou le poisson-chat. La pollution croissante et la disparition des saumons et des esturgeons sonnent le déclin de la profession. A force de rétrécissement, de transformations et de dragages, le lit du fleuve se creuse, les longues herbes disparaissent et les poissons manquent d'oxygène. Entre 1930 et 1955, la population de pêcheurs de Petit-Couronne passe de vingt à deux. Les pêqueux rescapés sont de la même famille, les Billard. |
Le dernier pêqueux. De 1836 à 1936, la famille Billard aura donné naissance à 41 pêcheurs, père, fils, frères, oncles et neveux. Derniers de cette longue lignée, Ismaël Billard et son cousin Armand. Le premier restera sur les registres officiels comme le dernier pêcheur en Seine, habilité à prélever des poissons servant à repeupler les étangs. Le second s'est éteint le 3 janvier 2004, à 95 ans, après avoir oeuvré jusqu'au bout pour la préservation des traditions et des savoirs locaux.
 | | Le Dernier pêqueux |
Coques en docks
Du fleuve à l'océan, une nouvelle page de l'activité industrielle de Petit-Couronne commence à s'écrire sur la base écossaise de Scapa Flow. C'est là que le 21 juin 1919, la flotte allemande se saborde et rompt l'accord d'armistice du 11 novembre 1918. A titre de compensation, la France reçoit deux docks flottants (structures métalliques flottantes en forme de U munies de ballasts permettant leur immersion). Rouen reçoit un des engins en 1921, mais victime de son succès le dock se rélève vite incapable de satisfaire la demande. Finalement, Petit-Couronne accueillera quatre docks de 4200 à 8000 tonnes, utilisés par les chantiers de Normandie, du Trait et de Saint-Nazaire ; et donnant du travail à nombre de chaudronniers, tuyauteurs, mécaniciens ou électriciens. Détruits à la libération, les docks reprennent du service dès 1950 et connaissent dix années d'intense activité avant de voir les commandes diminuer. Sous-utilisés, ces docks seront démolis définitivement en 1989.
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Les Horsains du pétrole
Raffinerie cherche 200 ouvriers... L'annonce est lancée dès 1928. Les Normands, employés par l'industrie rouennaise, font défaut. Il faut par conséquent recruter jusqu'en Bretagne (région qui a déjà fourni de nombreux personnels aux aciéries de Grand-Couronne), ainsi qu'en Aveyron. Avec la mise à disposition de logements dès 1930, le flux migratoire s'intensifie et Petit-Couronne se met à accueillir de plus en plus de Horsains comme disent les gens de la Terre. Et bientôt viennent les premiers mariages "mixtes".
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Vacances à Spézet
Le mystère demeure ! Comment le curé de Spézet, un petit village du Finistère, a-t-il appris qu'on embauchait dans une raffinerie normande en 1930 ? Quoi qu'il en soit, l'ecclésiastique a permis à de nombreux journaliers agricoles sans emplois de rejoindre en train et en bus le site industriel de Petit-Couronne. L'été, tout le monde repartait grâce à l'aide sociale pour passer quelques jours de vacances à Spézet. La raffinerie pendant la guerre
Dès octobre 1940, le site de la raffinerie constitue un véritable trésor de guerre pour les forces d'occupation allemandes.
Un trésor réquisitionné, démonté et éparpillé à travers l'Europe (pas moins de 5200 tonnes de matériels sont enlevées). De son côté, le personnel de la raffinerie refuse de participer à ces opérations au risque de s'exposer "à des mesures qui sanctionneraient toute insoumission même passive". Le 30 août 1944, le site est libéré et dès le 8 septembre, les premières commandes sont de nouveau passées. L'or Noir
Du pétrole et des idées, en même temps, c'est possible!
Merci à Pierre Alfred Auguste Guérard (1831 - 1889) pour la création de la raffinerie de pétrole "La Luciline" en 1868. En effet, Alfred Guérard, issu d'une famille de négociants normands installée à Rouen sous le Premier Empire."La luciline" était alors une société en commandite simple dont le siège fut à l'origine établi par Alfred Guérard à Rouen, 69, avenue du Mont-Riboudet. Elle raffinait le pétrole de Pennsylvanie, acheminé via le port du Havre et destiné à l'éclairage puis, très vite, au chauffage. Alfred Guérard y adjoignit en 1874 une fabrique de lampes éoliennes, procédé dont il avait déposé le brevet, lampes qui, au moyen d'un ingénieux mécanisme d'horlogerie, présentaient l'avantage de brûler son carburant sans verre ni fumée et furent donc rapidement adoptées par un large public (cf. Roman d'Amat : Dictionnaire de Biographie française, 1989, article consacré à Alfred Guérard et Archives de l'Institut National de la propriété Industrielle - Paris, brevet n° 102825 du 30 mars 1874). Selon la tradition familiale, Alfred Guérard, ancien élève des Jésuites de Rouen, avait baptisé sa société en s'inspirant du mot latin : lux, lucis : lumière (puisque sa raffinerie produisait, à l'origine, du pétrole dit "lampant", combustible destiné à l'éclairage). Certains de ses descendants avancent également qu'il se serait inspiré du prénom de son père, Louis Charles Auguste Guérard, mais cette hypothèse est étymologiquement moins vraisemblable.
En 1881, Alexandre Deutsch de la Meurthe acquiert la raffinerie, et c'est seulement en 1888, que Lucie Deutsch de la Meurthe, sa petite fille lui succède. Au rythme des coopérations et des fusions qui fondent l'histoire des grands groupes industriels, Petit-Couronne accueillera en 1928, la raffinerie construite par la société Maritime des Pétroles, devenue la Société des Pétroles Jupiter. Le 1er mars 1929, c'est la mise en service officielle du site. En l'absence de salle de contrôle, c'est sur la colonne même qu'on vérifie la température et la pression, à la main, trois fois par heure. Résultat : un record inégalé de bris de thermomètres, jusqu'à 45 par jour. En dépit de ce démarrage "artisanal" le site se distingue rapidement comme le plus moderne d'Europe avec des capacités de traitement exceptionnelles (600 000 tonnes de pétrole brut par an, en 1933)... Et c'est par trains spéciaux, au départ de la gare Saint-Lazare, que des invités de renom viennent visiter la première grande extension en janvier 1933. Une fois passées les années noires de la Seconde Guerre Mondiale et la reprise par le groupe Shell en 1948, l'activité s'intensifie en augmentant les capacités de stockage, de traitement et la diversité de la production. Industrie phare à l'échelle nationale et internationale, le nom de Petit-Couronne fait le tour du monde.
Les maires de la commune...
1790 Guillaume Gosselin 1791 Pierre-François Prestrel 1793 François Duboc An III Nicolas Boursier An IX M.Tardif 1806 Pierre-françois Prestel 1808 G.F Berger de Bergue 1817 Hely de Saint-Saëns 1818 G.F Berger de Bergue 1819 M.Le Clerc 1832 M.Durant 1834 Michel-Joseph Turmel 1845 François Lefevre 1847 G.F Berger de Bergue 1848 Michel-Joseph Turmel 1848 Yvosse Amand
| 1849 Pierre-françois Duboc 1852 Florentin Billard 1862 L.N de Saint-Vulfran 1875 M.Gaudray 1876 Gustave Yvosse 1878 René Durand 1919 M.Cavalier 1929 Victor Bernard 1944 Felix Liégeard 1944 Jean Grenier 1945 Marcel Dubrunfaut 1947 Etienne Dupuis 1956 Jean Leforestier 1977 Gérard Letailleur 2004 Claude Piolé 2008 Dominique Randon
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| |  | Au fil du temps... |  |  | > Préhistoire La petite vallée couronnaise est habitée. Un monolithe (menhir de la Pierre d'Etat) découvert à la fin du XIXe siècle atteste de la présence d'une population de l'ère néolithique.
> Période gallo-romaine Deux voies traversent la commune dont l'une, très fréquentée, relie Rotomagus (Rouen) à Lutèce (Paris) via Ugade (Caudebec-les-Elbeuf). C'est près de cette voie qu'est retrouvé un trésor monétaire datant de 260 après J-C. > Xe siècle Les Vikings débarquent et laissent leur empreinte dans la terre et le verbe. > XIe siècle Première apparition du nom Couronne dans un cartulaire concernant les privilèges accordés par Guillaume le Conquérant à l'abbaye de la Sainte-Trinité-du-Mont. > XIIe siècle Pour la première fois apparaît la distinction entre Petit et Grand-Couronne. > XVe siècle La région connaît une prospérité qui favorise le commerce et l'agriculture. Les prairies se louent par fragments aux bourgeois de Rouen. > 1691 Construction de l'église dédiée à Saint-Aubin, évêque d'Angers, mort en 550. > 1788 Premières élections municipales. > 1793 "Les attributs relatifs à la royauté doivent disparaître ; il faut que tout ce qui pourrait en retracer le souvenir soit supprimé." Par décision des citoyens administrateurs du conseil général du district de Rouen, le 15 septembre, Le Petit-Couronne devient Fraternité. > 1794 Obligation pour les citoyens de la commune de porter la cocarde tricolore. > 1843 Séparation du hameau des Essarts. > 1844 Ordonnance royale de Louis-Philippe autorisant la commune à prélever un impôt extraordinaire de 2000 francs pour l'achat et les travaux d'une "maison école" et d'une mairie. > 1874 Le département achète la maison de Pierre Corneille et la transforme en musée. > 1890 La commune compte encore 30 pêcheurs parmi lesquels les frères Billard qui pêchent cette année-là, un esturgeon de 212 kg. > 1911 Inauguration de la gare qui dessert la ligne Rouen-Orléans. > 1927 Construction de la darse des docks par Paul Barillon, ingénieur au Port Autonome. Affectée à la réparation des navires, elle comprenait à l'origine quatre docks flottants. > 1929 Construction et mise en service de la raffinerie des Pétroles Jupiter. > 1932 La famille Cordonnier donne à la commune une parcelle de terrain attenante au cimetière sur laquelle se trouve le Monument aux Morts, le surplus devant être affecté aux sépultures des militaires morts pour la France. > Seconde Guerre mondiale Petit-Couronne est un foyer important de résistance à l'occupant allemand. Sur le site de la raffinerie, le personnel refuse de collaborer au démontage des installations. Incendie de la Shell en 1940. > 1944 Le 26 août, à la suite d'un bombardement, douze civils trouvent la mort dans les grottes de Petit-Couronne, rue de la Pierre d'état. > 1948 Les Pétroles Jupiter sont repris par le groupe Shell et entièrement réédifiés. > 1951 Un projet de construction de 1000 logements est lancé pour accueillir 5000 personnes sur des terrains fournis par la commune. > 1967 Construction du collège Pasteur et premier jumelage. > 1981 Aménagement de la place du Marché. > 1984 Création du complexe sportif et aquatique ARCHIPEL. > 1987 Echange de 25 000 m² de terrains entre Grand-Quevilly et Petit-Couronne entre la voie SNCF et la voie de la Sud III, à hauteur du chemin de la Voûte. > 1988 Rénovation de la grange et urbanisation du plateau LA CROIX en relation avec la future liaison routière vers le Madrillet. > 1989 Le Port Autonome dote les quais de Petit-Couronne de deux "super-grues" qui permettent à la commune d'atteindre le premier rang français pour le trafic d'exportation de farine. > 1990 Création du CIDE 76, Centre d'Initiative et de Développement, tremplin pour la réussite des jeunes entreprises. > 2000 Les châteaux d'eau revêtent leur habit de lumière. > Février 2001 Ouverture du Zénith. > 2003 Inauguration de la voie SUD III. > 2004 Inauguration officielle de la nouvelle médiathèque et pose de la première pierre du parc du Zénith.
> 2005 Travaux d'extension, Numéro 500 de l'HEBDO > 2006 Nouveau service d'accueil péri-scolaire Nouveau self au collège Pasteur
> 2007 Nouveau site Internet de la Ville 3ème tranche des jardins familiaux 40 ans de jumelage avec Ahlem
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Armoirie de la ville
> 3 Têtes de lion : éléments du blason de Pierre Corneille. > Ancre : village de pêcheurs au XIXème siècle, port maritime.
> 2 torchères : pétrole de la raffinerie Shell implantée sur la commune depuis 1928.
> L'onde : les terres inondées
|  | Logo (1992-2009)
> Le "C" jeté d'un coup de pinceau énergique : A travers la Seine irriguant la région et portant les initiatives.
> Cercle traversé d'une diagonale dynamique : élan de la ville tournée vers l'avenir, la ville est située sur l'axe nord/sud de l'agglomération rouennaise et en devient un pôle incontournable.
> Bleu : la Seine, L'Archipel, l'espace.
> Rouge : la torchère, l'énergie, le dynamisme.
> Vert : La forêt de Rouvray, la qualité de vie, l'environnement. |  | Logo crée en 2009
> Le demi-cercle a deux significations : l'arc tendu vers l'avenir mais aussi l'assemblée, le forum, l'image de dialogue, d'échange, de démocratie tout simplement.
> Le noyau représente le réseau, les associations, la famille, la coopération.
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